FÉDÉRATION INTERNATIONALE DE GYMNASTIQUE
La lettre du Président
No 49
Par le Prof. Bruno Grandi, Président de la FIG mai 2011
Ah le Code!
Les anciens se souviennent encore du premier Code. Douze pages, commises notamment par les
Gander, Lapalu, Hentges, cadraient la gymnastique artistique masculine et formataient le jugement
selon trois critères : la difficulté, la combinaison et l'exécution. C'était en 1949.
Aujourd'hui, le document s'est étendu à toutes nos disciplines, régissant absolument tout,
développant partout ses métastases au point d'emprisonner la gymnastique dans un filet
inextricable. Créé pour servir au développement de notre sport, le Code s'est emballé, comme une
machine infernale que nous ne sommes plus capables de maîtriser. Pire encore. Il ne sert plus les
juges, ni les gymnastes, mais crée des situations difficiles, parfois impossibles à gérer. Souvenez-
vous Athènes !
Il est dès lors grand temps que tous ensemble, techniciens, juges, gestionnaires du sport, nous
nous mettions autour de la même table et revisitions le Code, pour lui redonner la lettre et l'esprit
pour lesquels il a été conçu. C'est le sens des
Symposiums que la FIG organisera à Zurich (SUI)
à fin avril pour la gymnastique rythmique, à mi-juin pour l'artistique et le trampoline et en
septembre pour l'aérobic et l'acrobatique.
Simplifier les codes. Tout le monde est d'accord et doit garder à l'esprit les vertus du droit romain,
le premier système juridique de l'Histoire humaine et qui fait encore autorité aujourd'hui. Selon ses
auteurs, c'est la pléthore de détails contenus dans les textes qui diluent et étouffe la justice. Trop
de lois tuent la loi !
Dès 2005, nous avons pris avec succès des mesures permettant d'harmoniser nos codes. C'est
bien, mais encore insuffisant. Il faut une réforme en profondeur pour que le document serve le
développement de la discipline. Il faut simplifier et non le contraire. Il faut surtout garder à l'esprit la
raison d'être d'un code. A quoi sert-il ? Pourquoi un code ? La réponse nous est livrée par
l'Histoire. J'observe au passage qu'une fois de plus, pour progresser, nous devons regarder
brièvement en arrière !
Aux Jeux Olympiques de Londres, ceux de 1948, le jugement de la gymnastique a fait scandale !
En cause les juges qui évaluaient les exercices avec des critères en usage exclusivement dans
leurs propres pays. Chacun jouait sa partition. Une cacophonie ! Un Code fut donc créé pour
clarifier et classifier les critères de jugement, pour que chaque soliste joue la même pièce. Une
harmonie fut enfin retrouvée.
Douze pages seulement en 1949, contre des centaines aujourd'hui, sans compter les milliers de
signes de l'écriture symbolique ! Comment un juge peut s'y retrouver et surtout réagir, évaluer,
décider en quelques secondes et avec la pression d'une finale olympique par exemple ? C'est
impossible et au-delà des limites humaines.
Nous avons besoin d'un Code, d'une référence, de textes qui nous permettent de cadrer l'action
des juges et d'appliquer le système Fairbrother, pour ne plus revivre des situations comme celles
vécues à Athènes, ou à Londres. Nous avons des instruments, IRCOS pour ne pas le nommer,
pour nous assister, s'il est bien utilisé, dans l'attribution de la note technique. Et nous devons
accepter le fait que la note artistique relève d'une appréciation humaine. C'est la variable de
l'équation. Faillible, mais pas tricheur. Et si nous devions nous perdre dans les nimbes de
l'objectivité, des juges de référence sont là pour nous remettre sur le droit chemin.
Je vous remercie de votre attention.
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